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Le temps d’un été aura permis au pouvoir et à ses soutiens de remettre en cause

Publié le lundi 23 août 2010.


Eric Woerth, le désormais « célèbre » Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique a ainsi annoncé une remise en cause du système d’évaluation des fonctionnaires, laquelle aboutirait pour les enseignants à faire dépendre totalement l’évolution des carrières des seules appréciations de leurs chefs d’établissement, sur des critères largement subjectifs.

Salaires bloqués et individualisés : la « valeur-travail » fortement dévaluée Le temps d’un été aura permis au pouvoir et à ses soutiens de remettre en cause à la fois la perspective d’augmentations de salaires selon l’évolution du coût de la vie, et leur amélioration en fonction de l’ancienneté et d’un mérite mesurable.

tous les fonctionnaires auront « bénéficié » d’une augmentation de 0,5% du point d’indice au 1e juillet, seule revalorisation pour 2010 (en fait + 0,25% sur l’année, alors que l’inflation sur un an est actuellement de 1,7%). Depuis 2000, les fonctionnaires auront perdu plus de 9% de leur pouvoir d’achat. Et le gouvernement vient encore de réaffirmer un gel des salaires de la fonction publique pour 2011, voire plus ! Il prévoit aussi une « réforme » du supplément familial de traitement…

les personnels « OGEC » des établissements privés se voient, eux, gratifiés d’une hausse de 1% de leur point d’indice au 1e septembre 2010 (qui évolue depuis l’année dernière différemment du point de la fonction publique, ce qui les désavantagera à terme). Cette fois, tous les syndicats ont refusé d’approuver une « revalorisation » vraiment trop faible.

Mais surtout, c’est la mise en place de systèmes d’individualisation des salaires qui vont produire des injustices (rémunérations « à la tête du client ») et, globalement, une baisse des revenus :

Eric Woerth, le désormais « célèbre » Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique a ainsi annoncé une remise en cause du système d’évaluation des fonctionnaires, laquelle aboutirait pour les enseignants à faire dépendre totalement l’évolution des carrières des seules appréciations de leurs chefs d’établissement, sur des critères largement subjectifs.

un nouvel accord sur les classifications dans l’enseignement privé (signé par les CFDT, SPELC, CFTC et CGC, applicable progressivement à partir du 1e septembre 2010, bouleverse la rémunération des personnels OGEC. Il entraîne une individualisation totale des salaires à partir de critères qui pourront être appréciés de façon très subjective. A terme, deux personnes qui font le même boulot pourront recevoir des paies très différentes…

Or ces changements vont encore plus défavoriser des salariés déjà mal rémunérés : à part les personnels de direction, la plupart des salariés des établissements privés ont des niveaux de salaires déjà faibles et stagnants depuis des années. Cela alors que les financements par l’Etat n’ont cessé d’augmenter, et qu’ils auraient dû en être les premiers bénéficiaires.

une étude de, D. Goux et E. Maurin (2008) montrait déjà que, question salaires, les enseignants souffraient sur le long terme d’une comparaison avec les rémunérations du secteur privé… mais aussi vis-à-vis des autres fonctionnaires. "Les rémunérations versées par l’Etat à ses cadres non enseignants (ont) crû en moyenne – tous âges confondus- de 2,5% par an contre 1,9% seulement environ pour les enseignants (de 1982 à 2005), une différence considérable… Le déficit salarial croissant des enseignants est la conséquence de rémunérations complémentaires (primes et indemnités) qui évoluent beaucoup moins vite ». Une autre étude (http://www.sundep-sudest.org/spip.p…) estimait à environ 20% la perte de pouvoir d’achat des enseignants sur 25 ans.

Dans les prochains mois nous nous opposerons (nationalement, localement, dans notre secteur ou en interprofessionnel) à cette politique. Ils veulent nous faire payer leur crise, ne les laissons pas faire !